• - Le célibat

    De mes 16 ans à mes 46 ans j'ai toujours été en couple. J'ai eu deux relations de plus de 10 ans, toutes les autres n'ont pas dépassé trois ou quatre ans. Parfois, pour certaines, elles ne duraient que quelques jours. J'ai bien eu quelques semaines de célibat par-ci par-là mais le reste du temps, j'étais accompagné. Je trouvais ça insupportable le célibat et je croyais mourir que de vivre seul. En ce moment, ça va bientôt faire quatorze ans que je vis seul, sans conjointe, ni blonde, sans fréquenter grand monde en fait. J'ai traversé différentes étapes pour apprendre à être heureux sans avoir "besoin" de partenaire. Je ne dis pas que c'est pire ou meilleur de vivre seul mais c'est mon choix et je l'assume.

    Les premières années ont été difficiles car je suis ce qu'on peut appeler: un dépendant affectif. J'ai du suivre une thérapie pour me sortir de ça. Encore aujourd'hui, je me questionne à savoir si je suis réellement libéré de ma dépendance envers l'autre et tant que je n'essayerai pas de me mettre en couple, je ne saurai pas. Mais là, je suis bien avec moi-même et je me crois à l'abri de toutes ces tensions générées par la vie de couple. 

    Ma dépendance à l'autre faisait en sorte que ma compagne devenait le centre de ma vie. Je perdais contact avec MES envies, mes désirs, mes goûts alimentaires etc. Même mes choix de films et de lecture passaient souvent par la volonté de l'autre. Je ne souhaite ça à personne. Je voulais plaire et être aimé, coûte que coûte. J'étais constamment en mode - séduction.. C'est épuisant à la longue mais je vivais comme ça sans en être conscient, pour moi, c'était ça aimer: plaire à l'autre. Attendez, j'ai eu des sursauts de rébellion, des moments de lucidité et des passages durant lesquels je ne m'occupais que de moi. Mais dans une énergie malsaine de chicanes surtout. Des conflits qui pouvaient durer des mois, du boudage d'enfant et de l'indifférence complète. Mais ma tendance fondamentale c'était d'être aimé. Et pour ça, je perdais contact avec moi-même pour plaire.

    En gros, lorsque j'ai du affronter le véritable célibat, j'ai rencontré le petit garçon affectif que j'étais réellement. Et je lui ai fait faire un bon bout de chemin depuis. Je me suis volontairement isolé de la gent féminine pour ne pas avoir à revivre comme je le faisais. Je ne me suis pas mis à l'épreuve depuis.

    Je vais faire référence à la théorie des ensembles en mathématiques. J'imagine que chaque être humain est un ensemble fermé. Imaginons que deux êtres se sentent attirés l'un par l'autre. (Le magnétisme est le fondement même de l'Univers, sisi). Et bien, avant 2006, je me serais précipité dans la sphère de l'autre, me laissant engloutir par la personne. L'autre serait devenu mon centre de vie, d'attention, d'équilibre. J'aurais fusionné avec la personne. Heureusement, j'ai changé.

    Maintenant, j'imagine que chaque personne est un ensemble fermé et que lorsque deux personnes sont attirées l'une par l'autre, je crois qu'il faut préserver notre espace personnel et formé une zone commune, une intersection entre les entités que nous sommes. Chacun restant dans sa bulle, on se crée un espace commun, des activités communes et des partages de toutes sortes mais sans perdre notre vie, sans se noyer dans l'autre. Et cela même dans un quotidien tel que nous le présente la vie actuelle. Je ne parle pas d'une vie imaginaire, je parle d'appliquer la théorie des ensembles à la vie de couple. Chacun dans sa bulle et une terre commune pour le couple. L'amour fusionnel je ne crois plus à ça. Je pense que la fusion c'est dans la sexualité qu'on peut l'expérimenter, durant quelques heures fugaces, mais dans la vie de tous les jours, le partage est plus important que la fusion. 

    J'ai vu des couples à l'épicerie qui se chamaillaient et/ou se faisaient la gueule pour une can de bine. Shit. C'est pas fort. "Prends pas ça c'est pas bon pour toi, ôte ça du panier sinon... " quand j'entends comment les "amoureux" se parlent parfois je me dis que je fais bien de vivre seul. J'ai appris à découvrir ce que j'aime manger. J'ai appris à découvrir ce que j'aime lire. J'ai appris à prendre soin de moi et de mon logis à MA façon et de façon tout à fait acceptable. Je ne voudrais pas remettre tout en question parce qu'une femme entre dans ma bulle. Comme j'essaye de le dire, on peut se fréquenter l'un l'autre,  mais sans se perdre soi-même de vu. Et pour laisser l'autre ÊTRE, il faut ÊTRE soi-même. Et pour être soi-même, il faut se connaître, (co-naître, co-être, etc..) Et pour se connaître, on doit passer du temps avec soi, loin du regard des autres. Sinon, on passe notre temps à se positionner par rapport à l'autre et non par rapport à nous. Enfin, c'est ce que j'ai expérimenté et je ne sais pas jusqu'où cela rejoint votre expérience. 

    Le célibat n'est PAS une maladie. C'est un état très satisfaisant de rencontre avec soi. Quant j'ai la chance d'entrer en relation avec quelqu'un, je me sens plus à l'écoute qu'avant. Avant mes thérapies genre. (Cognitivo-comportementales les thérapies, rien de spécial). 

    Je constate, en regardant autour de moi, beaucoup de souffrances dans les relations dites amoureuses. Beaucoup d'incompréhension, de désaccords, de chantage affectif et de communications "sourdes". Le genre de communication non verbale où il faudrait deviner de quoi il est question. Plein de gens sont comme ça: ils voudraient qu'on les devine. Sans blague. Elles ne se comprennent pas elles-mêmes mais elles voudraient qu'on les comprennent, qu'on devinent de quoi il en retourne. Pour moi, ce sont des gens pris dans des relations toxiques et la peur de la solitude les fait demeurer dans la relation. Il y a des manipulateurs aussi qui rôdent partout et qui prennent plaisir à entretenir des relations dysfonctionnelles parce que cela fait leur affaire. Rendu là, la peur et le chantage sont un moteur pour faire durer le couple même s'il serait préférable de mettre un terme à la relation. Je dis ça comme on met un grain de sel dans une assiette de salade. Un grain de sel... Je n'ai évidemment pas faire le tour de la question, juste effleuré le sujet.

    Vous en pensez quoi du célibat?


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