• - La peur et l'anxiété

    Voici mes ennemis les plus farouches. Ils sont toujours là, à l'affût. Pour qui les connait, pas besoin de présentation mais je vais m'attarder quand même à mieux les cerner, à mieux les définir, pour mieux les voir lorsqu'ils s'approchent pour tenter de me broyer. Ces entités immatérielles m'agressent quotidiennement, comme les vagues attaquent les falaises. À marée haute c'est pire. 

    Il n'y a pas longtemps que je les affronte. J'avais pour habitude de les subir. Là encore, la majorité du temps, c'est ce que je fais mais un moment donné, c'est comme le bout du bout, je lutte, je refuse, je m'éloigne, je fais des pieds et des mains pour me sortir du pétrin. 

    Au premier regard on pourrait penser que le pire fléau c'est la peur mais pour moi, non. C'est le plus franc des malaises. La peur vient souvent armée d'un déclencheur, une raison la précède, une intention l'anime. Durant mon parcours, la peur a du changer de tactique, de motif, de raison pour avoir sur moi un effet. Par exemple, j'ai déjà eu peur du noir, de la noirceur, et même de la pénombre. Je peux vous affirmer que je n'ai plus peur des noirceurs de la nuit durant lesquelles je ne vois pas ma main tellement il fait sombre, ni des ténèbres intérieurs qui me bouleversent parfois les tripes dans tous les sens. La peur est franche, oui c'est un état désagréable, mais je peux combattre avec ma tête, en me raisonnant, en acceptant son passage, en réfléchissant aux déclencheurs qu'elle utilise pour me narguer. La peur possède un point faible, elle peut être apprivoiser, en ce sens, je la vois comme un chien de combat, prête à mordre mais sensible à la voix de son maître. Évidemment, nous sommes des dompteurs. Il nous est tous arrivé à un moment donné de notre vie de la dompter et de la faire s'écraser à plat ventre. Suffit de réfléchir. De raisonner. De lui dire non: et même si... et même si... et même si... tu ne m'auras pas! De là, d'autres humains avant moi on dit et on écrit: "Je n'ai pas peur d'avoir peur." Et oui, c'est la clef. Il n'y a rien qui puisse l'empêcher de me visiter, elle se présente n'importe quand et parfois elle s'insère dans une pensée amicale et alors, elle me surprend telle un serpent qui attaque. Foudroyant. La  peur, sous une nouvelle image, avec de nouvelles raisons, peut se manifester pour un rien. Ses déclencheurs sont parfois ridicules mais l'état dans lequel elle nous met n'est pas rigolo. C'est dark.

    Je me suis rendu compte que c'est un sujet tabou. Parler de la peur la ferait naître, parler de la peur lui donnerait du pouvoir, cela éveillerait sa force et elle nous terrasserait. Je n'y crois pas. Au contraire. C'est quand je n'ai PAS peur que je peux le mieux l'affronter. Quand elle est là, active, je me débat comme je peux mais quand je suis calme, je peux analyser sa méthode, comment elle m'aborde, les raisons qui lui ont donné tant de pouvoir sur moi et je fais un cheminement là dedans. Je ne me vautre pas, je travaille. Je réfléchis et j'écris. Je démystifie, cela me fait avancer et me donne de la force et du courage, de l'ascendant sur elle.

    Oui, mais l'anxiété? Ouf! Là, je suis sans force. Je subis. Je vais en parler quand même. Je ressens comme de la peur mais je ne parviens pas à découvrir de raison à cette oppression dans ma poitrine. À peu de choses près, ce sont les mêmes sensations physiques que celles générées par la peur qui m'envahissent, mais il n'y a PAS de déclencheurs, pas de motif, pas de raison, rien. Une difficulté à respirer, des palpitations cardiaques accélérées, des bouffées de chaleur, parfois des étourdissements et une peur irrationnelle sont des signes tangibles de sa présence. C'est, terrible! Il m'est arrivé de ne plus respirer, je me rendais compte de la chose et tout ce qui me gardait en vie, c'était ce minuscule contact avec la réalité, si je ne respire plus: je meurs. Rendu là, l'anxiété, à ce niveau, c'est pire que la peur. C'est physique je crois. Après des centaines d'efforts pour la mieux connaître, en lisant ce que je trouve sur le sujet, je pense que l'anxiété est une manifestation d'un dérèglement du cerveau. Point. Le cerveau attaque le corps et il y a des sensations corporelles qui nous traversent. On doit subir sans rien pouvoir faire. Alors j'ai consulté en psychiatrie. On m'a proposé des pilules qui aident à diminuer les malaises. Mais elle attaque encore. Je rentre presque toujours dans un état de "vigilance" quand l'anxiété me traverse. Je focus sur ma respiration en premier. Je la veux ample et régulière. Je focus. Je laisse passer la vague en tentant de ne pas paniquer. Parce qu'il faut bien le dire, pour les lecteurs et lectrices que ne seraient pas au courant, au delà de l'anxiété il y a pire, il y a la panique. Rendu là, c'est une visite à l'hôpital. La panique c'est une perte de contrôle du monde psychique et physique. La raison n'y pouvait pas grand chose déjà, devant l'anxiété, raisonner quelqu'un qui panique on oublie ça. Rien à faire. Des médicaments s'imposent. Le cerveau surchauffe, je crois, et certaines régions du cerveau doivent être saturées d'activités alors que d'autres qui devraient l'être ne le sont plus. Dérèglement. Les neuro-chirurgiens qui passent par ici pourraient laisser un commentaire pour éclairer la chose. happy

    Voilà donc terminé une petite réflexion sur ma situation, face à deux phénomènes quotidiens et souvent tabous de ma maladie. Je peux conclure en disant que je n'ai pas paniqué souvent dans ma vie. 

     

     


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