• - Célibat, solitude, isolement

    Où suis-je rendu?

    J'entends par célibat: ne pas avoir de conjoint, conjointe dans une relation amoureuse. Le célibat c'est, pour moi, ne pas avoir de partenaire sexuel non plus, c'est surtout, ne pas avoir de partenaire amoureux point. On peut bien avoir des amis(es) et la famille peut être présente mais on est souvent, culturellement parlant, regardé de travers lorsqu'on est célibataire. Si la personne n'a pas de conjoint, ça cache forcément quelque chose... Il y a des préjugés sur le célibat. De moins en moins, car on trouve des livres et une multitude de sites internet qui vantent les mérites du célibat, mais quand même, pour beaucoup de monde, être célibataire c'est pas normal.

    La solitude peut être ressentie même en couple. La solitude est un ressentis intérieur, même dans la foule et dans la famille on peut avoir un sentiment de solitude. Ça se passe dans le plan de la sensation, on se sent seul malgré la famille, les amis(es), les enfants, le travail etc... Il m'est arrivé de partager à ce sujet avec des gens et une chose ressortait, il y a le sentiment d'être incompris(e) dans l'affaire. Très peu de gens sont solitaire par choix d'après moi. Il faudrait une étude là-dessus. La solitude est un état douloureux.

    L'isolement c'est surtout, pour moi, un état physique. Pas de conjoint(te), pas d'ami(e), pas de relation avec la famille, l'isolement c'est une solitude 3-D. C'est le boute du boute. Là aussi, il y a des sentiments douloureux qui grugent sur le système nerveux de la personne qui est isolée. Nous sommes des êtres communautaires et l'isolement est un peu contre nature. Mais là encore, il y a des gens qui s'isolent pour telle ou telle raison et même s'ils en souffrent, l'isolement est pour eux une meilleure condition de vie que s'ils étaient confronté aux autres. C'est un peu par là que je veux aller.

    L'isolement pour ne pas être confronté aux autres.
    Plusieurs facteurs sont impliqués dans les relations interpersonnelles. Il y a une panoplie de "savoirs" qui sont utilisé quand deux personnes ou plus se rencontrent. J'appelle ça être confronté aux autres. Pour moi, de rencontrer quelqu'un c'est plus confrontant qu'autre chose. Je suis pourri en discussions superficielles. Ce qui s'appelle le "small talk" en français de rues. Je suis affublé d'une anxiété chronique dans les relations humaines et même si j'aime les gens, je vis mal mes rapports avec les autres. Je dis "bonjour" au gens que je croise mais sans vraiment aller plus loin. Aussitôt qu'un échange s'amorce, je monte dans l'anxiété jusqu'à avoir des bouffées de chaleur et des palpitations cardiaques. Toujours peur d'être inadéquat alors je paralyse. Après un contact plus ou moins prolongé, si j'ai beaucoup parlé surtout, ou si j'ai anormalement demeuré silencieux, je m'imagine, après coup, un paquet d'histoires à l'intérieur de moi: ai-je dit quelque chose d'inacceptable par exemple? Ai-je blessé la personne? Comment la personne me voit-elle? Ai-je été compris? Ai-je envoyé une image juste de moi-même? Et patati et patata... Même avec les gens que je connais je suis comme ça. C'est très lourd, je sais. Alors je m'isole.

    Je pourrais arrêter là: je m'isole. Conclure là dessus. Mais je vais développer encore un peu sur cette réalité-là. L'isolement pour moi est autant pour me préserver, me protéger, que pour protéger les autres. Comment ça protéger les autres? Pourriez vous me répondre. Et bien, je suis un bipolaire avec une intensité un peu spéciale. Je vis dans l'intensité il paraît. Et sans que je me force, ça fait fausse note chez les gens. Je semble dépareillé. Les regards de biais et les remarques occasionnelles qui me parviennent, me font me sentir trop différent pour assumer mes crises d'anxiété. Ça c'est un point. L'autre point, celui de "protéger les autres" s'est surtout de ne pas forcer les gens à dealer avec moi. Je me suis carrément fait dire, plus d'une fois, que j'étais trop intense et que ma façon de m'exprimer rendait mal à l'aise les gens. Shit. Je fais rien de spécial il me semble. Juste d'être moi-même est inacceptable? Je fais tache. Je me suis laissé dire que ma présence n'était pas la bienvenue car je mettais mal à l'aise certaines personnes. Et à cette époque je n'étais même pas diagnostiqué bipolaire. Je travaillais dans le milieu de la construction en plus, un milieu où j'aurais du passer inaperçu. Mais non. Durant toute ma vie, je me suis fait tasser à l'écart alors aujourd'hui, je me tasse tout seul. Je m'isole.

    Pas de conjointe, de fréquents sentiments de solitude, et de l'isolement mur à mur, je ne sais pas si je vais pouvoir devenir un jour un être entouré d'amis(es). J'ai l'impression d'être une extra-terrestre parfois. Suis-je seul dans cet état??

    Ok, je ne fais pas juste me plaindre, il y a de bons côté à cet réalité là qui est la mienne. Il y en a peu mais il y en a. Je ne me chicane pas souvent avec les autres. Haha.. Je fais presque ce que je veux quand ça me tente. (Encore faut-il que ma condition le permette: anxiété, fatigue chronique, dépression nerveuse, stress incroyablement paralysant et autres dérivés de ma "maladie-condition-bipolaire"). Mais je ne suis pas constamment en train de me positionner autour de quelqu'un d'autre, en ce sens, je suis mon propre chemin. Si je veux tourner à gauche je le fais et je n'ai que moi à convaincre. Pas d'interminables négociations avec qui que ce soit. Le prix à payer? Le téléphone ne sonne jamais, je ne vois personne ou presque, je n'ai pas vraiment d'ami, j'ai quelques échanges épistolaires mais sans plus, et je m'ennui souvent. Quel paradoxe. J'ai une vie paradoxale. J'aimerais avoir des amis(es) mais je m'isole. 

    Il fut un temps ou je mettais cette réalité-là sur le dos de ma condition bipolaire. J'étais une victime de la maladie. Plus maintenant. Je suis qui je suis et je deviens qui je peux, qui je dois, et ça s'arrête là. Je ne suis pas autrement et je dois accepter les conditions de vie qui sont les miennes. Autrement, dans le coin de pays que j'habite, je n'ai pas les moyens d'avoir une voiture et il n'y a pas de transport en commun. C'est un lieu où il est préférable d'avoir une voiture pour circuler entre les différents lieux d'activités. Le manque de voiture me fait défaut et je m'isole aussi beaucoup à cause de ça. Avoir une auto, j'irais à gauche et à droite dans les activités de la région et j'aurais peut être plus de chance de rencontrer des gens qui me ressemblent, mais non. Je n'ai pas les moyens d'avoir une automobile. Cela m'isole davantage. Mais je suis mieux, pour l'instant, qu'à Montréal par exemple. J'ai accès à la mer (le golfe du Saint-Laurent en fait) et à la forêt Gaspésienne. À pieds s'il vous plaît. Pas besoin de char pour me rendre à la plage. 

    C'est un peu pour briser l'isolement que je crée le blog. Je m'imagine des choses positives et on verra, avec le temps, si d'écrire ici m'aide à me sentir moins seul. 

    Voilà ma réflexion du jour.
    Bonne journée.

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :