• J'essaye toujours d'être à mon meilleur mais parfois, ce n'est pas assez. En ce moment, j'ai juste le goût de chialer ma vie. Pourquoi je ferais ça? Brailler nos malheurs sur le web n'est pas la meilleur chose à faire au premier regard mais je n'ai personne chez qui aller brailler. Personne. Vraiment. 

    Je vis un peu comme le font les chats au niveau de mes horaires de sommeil et mes états de veille. Je me suis couché à 23h30 pour me lever à 5h00. Je vais me recoucher tantôt, quand je serai épuisé. Depuis des années que je tente de discipliner mon sommeil en vain. J'ai lâché prise sur la chose. Je suis le rythme que je peux et je suis à la retraite. Je n'ai pas assez d'ami, malheureux de ce qu'est devenu ma vie, j'écris pour tenter de trouver une attitude juste pour vivre. Par l'écriture, j'ai accès à une force formidable pour appréhender le monde du vivant mais il y a tout un pan de ma douleur qui provient de l'isolement dans lequel je me trouve par la force des choses. Ces choses sont entre autres: la maladie bipolaire, un anévrisme cardiaque à la limite de l'opération, un genou de fichu, un cancer de la peau, de la haute pression ou de la basse, je ne connais rien là dedans, des problèmes avec mes reins et quelques autres trucs. Ces limitations rendent mon quotidien peu enviable. Je suis incapable de travailler et même de faire du bénévolat sur une base régulière. Je vis dans le secret de toutes ces choses pour ne pas effrayer les gens. Qui n'a pas peur des bipolaires? Les autres trucs ne font pas peur au gens mais la bipolarité ça oui. Je ne fais donc pas mon coming out sur ma bipolarité car moi aussi j'ai peur, j'ai peur de la peur des gens. Alors je vis dans le secret et l'isolement volontaire mais que c'est lourd à traîner. 

    Ah, ce matin je ne me relis pas, pas d'énergie pour composer un texte, ça fait quelques fois déjà que je ne me relis pas. Je chiale beaucoup mais c'est le propre de mon blog, me permettre de dire ce qui  m'habite. En ce moment c'est beaucoup de solitude et de tristesse. Vivre des années sans pouvoir s'exprimer auprès des gens sans en tirer un échange c'est douloureux. L'isolement et la solitude sont deux choses effroyables. Je me demande si un jour je vais m'en sortir. J'ai observé que j'écris toujours au je. Je je je, moi moi moi, je je je, etc... Pitoyable situation nombriliste et sans avenir. Vous savez, je tente autant que c'est possible de vivre un quotidien équilibré mais comment vivre équilibré sur une planète qui se meurt? Comment ne pas s'endetter dans un pays qui s'endette? Comment accéder au bonheur dans une société malheureuse? Je ne trouve pas les gens plus heureux que moi. Partout où je regarde je vois de la souffrance. Différente de la mienne mais réelle. Malgré tout, il n'y a pas tant de solidarité que cela entre nous tous. 

    Je n'en vois pas le bout. J'ai le goût parfois de me saboter. Drogue, boisson, me vautrer dans les bonheurs artificiels jusqu'à en mourir. Je l'ai dis que je suis pitoyable non? Je suis fatigué. J'imagine des choses qui pourraient m'aider et je reviens toujours à la même chose, il faudrait que je me fasse des amis-es. Remarquez, je ne suis PAS dans le déni. Je viens de faire le tour de ma peur. C'est pas du déni ça. Le déni serait de faire semblant que je n'ai pas peur non? 

    Comment dire mieux la chose que: j'ai peur de la peur des gens face à ma maladie bipolaire? Même ma famille me laisse de côté. J'imagine que c'est parce que je suis trop lourd? J'imagine. Pourtant.

    Je ne cherche plus à me faire des amis-es. J'ai dépassé ce stade, je suis dans l'abandon. J'abandonne. Je lâche prise. Je suis fatigué. Je ne suis pas suicidaire mais je suis fatigué. Résigné. Ce n'est pas que j'ai besoin des autres pour vivre ma vie mais j'aimerais partager des choses. Passer un peu de temps chaque jour avec différentes personnes, ne serait-ce que sur Skype. Mais depuis le temps que dure mon isolement, je ne vois pas le jour où la vie m'ouvrira les bras. Alors j'écris. Je tente de subvenir à mes besoins du mieux que je le peux. Mais je me fatigue. Qui a dit que vivre c'était facile? Ma faiblesse elle est là. L'isolement. La peur de la peur des autres.

    J'avais besoin de partager mon chialage ce matin.. désolé.

     


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